ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI  
ARTICLE ORIGINAL  
Pronostic maternel et fœtal des césariennes prophylactiques exécutées en urgence à la  
maternité du centre national du traitement des fistules  
Maternal and fetal prognosis of prophylactic cesarean sections performed in emergencies  
at the maternity ward of the national center for the treatment of fistulas  
Haroun Saïd Aché1,3, Chérif Hawaye1,2, Adanao Mahamat Hissein1,2, Brahim Zakaria3, Ousman Abbagana1,  
Lhagadang Foumsou1,2  
1. Faculté des sciences de la santé humaine de N’Djaména  
2. Centre hospitalier universitaire de la mère et de l’enfant de N’Djaména  
3. Centre national du traitement des fistules  
Auteur Correspondant : Aché Haroun Saïd. Gynécologue Obstétricienne au CNTF.  
Tel : 0023566279374/ 95686898. Email ache_haroun@yahoo.fr  
Reçu le 12/02/2024 ; Accepté 26/06/2024  
RESUME  
ABSTRACT  
Introduction : La césarienne est l’une des interventions  
les plus pratiquées dans le monde. Elle permet  
d’améliorer le pronostic maternel et fœtal. Le but de  
Introduction: Cesarean section is one of the most  
frequently performed surgical procedures worldwide. It  
contributes to improving maternal and fetal outcomes.  
The aim of this study was to audit prophylactic cesarean  
sections received as emergencies at the maternity unit of  
the Centre National de Traitement des Fistules (CNTF).  
cette  
étude  
était  
d’auditer  
les  
césariennes  
prophylactiques reçues en urgence à la maternité du  
Centre National du Traitement des Fistules (CNTF).  
Patientes et Méthodes : il s’agissait d’une étude  
prospective, descriptive de six mois (1er Janvier au 30  
Juin 2022) à la maternité du Centre National de  
Traitement des Fistules de N’Djamena. Etaient incluses  
dans l’étude, toutes les parturientes devant subir une  
césarienne prophylactique qui étaient reçues en urgence  
au centre durant la période d’étude. Les variables  
étudiées étaient d’ordre épidémiologique, clinique,  
thérapeutique et pronostique. Les données recueillies  
étaient analysées à l’aide du logiciel SPSS.18.0.  
Résultats : Durant la période d’étude, nous avons  
colligé 153 césariennes sur 2222 accouchements, soit  
une fréquence de 6,9%. Parmi ces cas, nous avons  
enregistré 55 césariennes prophylactiques, soit 35,9%  
des césariennes. La tranche d’âge la plus représentée  
était celle de 20 ans à 24 ans (34,5%). Les parturientes  
étaient des primipares (76,4%), mariées (98,2%), non  
scolarisées (61,8%) et avaient effectué entre 1 et 3  
consultations prénatales pour 74,6% d’entre elles. La  
principale indication des césariennes était la dystocie  
osseuse (43,6%). Les complications maternelles étaient  
dominées par l’infection (89,2%). Aucun décès maternel  
n’avait été enregistré. La mortalité néonatale était de  
22,2%.  
Patients and methods: This was  
a
six-month  
prospective descriptive study (January 1 to June 30,  
2022) conducted in the maternity ward of the Centre  
National de Traitement des Fistules in N’Djamena. All  
parturients requiring a prophylactic cesarean section  
who were admitted on an emergency basis during the  
study period were included. The variables studied were  
epidemiological, clinical, therapeutic, and prognostic.  
The collected data were analyzed using SPSS software  
version 18.0.  
Results: During the study period, 153 cesarean sections  
were recorded out of 2,222 deliveries, representing a  
frequency of 6.9%. Among these, 55 were prophylactic  
cesarean sections, accounting for 35.9% of all cesarean  
deliveries. The most represented age group was 2024  
years (34.5%). The parturients were primarily  
primiparous (76.4%), married (98.2%), unschooled  
(61.8%), and 74.6% had attended between one and three  
antenatal care visits. The main indication for cesarean  
section was cephalopelvic disproportion (43.6%).  
Maternal complications were predominantly infections  
(89.2%). No maternal deaths were recorded. The  
neonatal mortality rate was 22.2%.  
Conclusion: Prophylactic cesarean section performed in  
emergency situations was frequent and constitutes a  
public health concern.  
Keywords: prophylactic cesarean section, prognosis,  
maternal, fetal, National Center for the Treatment of  
Fistulas, N’Djamena.  
Conclusion : La césarienne prophylactique reçue en  
situation d’urgence était fréquente et constitue un  
problème de santé publique.  
Mots clés : Césarienne prophylactique, pronostic,  
maternel, fœtal, Centre National de Traitement des  
Fistules, N’Djamena.  
Série D, VOL 10, N°002/Août 2024 - 24  
ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI  
ces 153 cas, nous avions enregistré 55 césariennes  
INTRODUCTION  
La césarienne est une intervention chirurgicale qui  
permet l’accouchement par incision de l’abdomen et  
de l’utérus. C’est une technique fréquente, de plus en  
plus sûre mais n’est pas un acte anodin [1]. Rivière  
déclarait en 1956 : « la grossesse et l’accouchement  
ont depuis l’origine des temps fait courir à la femme  
un risque mortel » [2]. Dans le monde, on estime  
qu’environ 529.000 femmes meurent annuellement  
des suites de la grossesse et de l’accouchement [3].  
La mortalité maternelle peut se produire à n’importe  
quel stade de la grossesse, mais l’accouchement est  
de loin la phase la plus dangereuse pour la mère et le  
nouveau-né. Au Tchad, selon, les résultats de  
l’EDST-MICS 2014-2015, le ratio de mortalité  
maternelle est de 860 pour 100.000 naissances  
vivantes [4]. La dystocie occupe 7% des causes  
prophylactiques opérées en urgence, soit 35,9% des  
césariennes et 2,5% des accouchements. L’âge  
moyen des accouchées était de 24,6 ans (extrêmes :  
15 ans et 38 ans). La tranche d’âge la plus représentée  
était celle de 20 à 24 ans (34,5%) (tableau I). Les  
femmes mariées représentaient 98,2% des cas contre  
1,8% de célibataires. Les parturientes non scolarisées  
représentaient 34 cas (61,8%), contre 21 femmes  
scolarisées (38,2%). Les femmes exerçant une  
activité professionnelle représentaient 7,3% contre  
92,7% qui étaient sans profession.  
Antécédents : Les primipares étaient les plus  
représentées (76,4%). L’antécédent d’accouchement  
normal était retrouvé dans 47,2% (tableau I).  
Tableau I : répartition des parturientes selon leur  
parité et déroulement des grossesses  
obstétricales  
directes  
[5].  
Depuis  
1985,  
l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)  
considère que le « taux idéal » de césarienne se situe  
entre 10 et 15% [7]. En Afrique, ce taux varie d’un  
pays à un autre et d’une structure sanitaire à une autre,  
allant de 3,3% à 16,8% [8,9], ce qui reste faible par  
rapport à celui des pays européens. Les indications de  
césarienne portées en consultation prénatale, avant  
Tranches d’âge, Parité et ATCD Effectif Pourcentage  
des grossesses antérieures  
Tranches d’âge  
15 à 19 ans  
20 à 24 ans  
25 à 29 ans  
(n=55)  
17  
19  
9
30,9  
34,5  
16,4  
18,2  
≥ 30 ans  
10  
Parité  
l’entrée  
en  
travail  
sont  
dites  
césariennes  
Primipare  
Paucipare  
Multipare  
42  
6
4
76,4  
10,9  
7,3  
prophylactiques, tandis que celles prises en salle de  
travail sont dites césariennes d’urgence [10]. De nos  
jours, les parturientes devant bénéficier de  
césariennes prophylactiques sont reçues dans les  
maternités en travail d’accouchement, avec un  
pronostic maternel et fœtal réservé. C’est devant ce  
constat que nous avons mené cette étude afin  
d’évaluer l’ampleur du problème en termes de  
pronostic maternel et fœtal. Notre objectif était de  
faire l’audit des césariennes prophylactiques  
exécutées en urgence.  
Grande multipare  
ATCD des grossesses antérieures  
Fausse couche  
Accouchement normal  
3
5,4  
6
26  
23  
11  
47,2  
41,8  
Césarienne  
ATCD : antécédent  
Motif d’admission : Les parturientes étaient admises  
pour douleurs de travail d’accouchement dans 94,5%,  
suivies d’hydrorrhée sur grossesse à terme, 5,5%.  
Intervalle intergénésique : Il était inférieur à 12  
mois pour 16,4% des parturientes (tableau II).  
PATIENTES ET METHODES  
Il s’agissait d’une étude prospective, descriptive  
durant 6 mois, allant du 1er Janvier au 30 Juin 2022,  
dans le service de maternité du Centre National de  
Traitement des Fistules (CNTF) de N’Djamena. Elle  
avait porté sur le pronostic des césariennes  
prophylactiques réalisées en urgence. Toutes les  
parturientes qui devraient bénéficier d’une césarienne  
prophylactique mais opérées en urgence à ladite  
maternité et ayant accepté de participer à l’étude  
étaient incluses. Les variables étudiées étaient  
relatives aux caractéristiques sociodémographiques, à  
l’histoire obstétricale, aux variables cliniques,  
Tableau I : répartition des parturientes en fonction de  
l’intervalle intergénésique.  
Effectif  
(n=55)  
Intervalle intergénésique  
Pourcentage  
< 12 mois  
12 à 23 mois  
≥ 24 mois  
9
16,4  
61,8  
21,8  
34  
12  
L’âge gestationnel : toutes les parturientes étaient  
terme, avec un âge gestationnel compris entre 37 et  
41 semaines d’aménorrhée.  
Suivi prénatal : Six parturientes n’avaient eu aucun  
contact prénatal (10,9%). Dans 8 cas (14,5%), les  
parturientes étaient suivies au moins 4 fois. Plus de la  
moitié des parturientes, 41, soit 74,6% avaient eu  
entre 1 et 3 contacts.  
Antécédents chirurgicaux et raisons de non  
réalisation d’une césarienne prophylactique :  
Lantécédent de césarienne était retrouvé chez 41,8%  
des parturientes (tableau III).  
pronostiques et  
thérapeutiques.  
Les  
données  
recueillies à l’aide de la fiche de collecte préétablie  
étaient saisies grâce au logiciel Microsoft Word et  
Excel 2016 et analysées à l’aide du logiciel  
SPSS18.0.  
RESULTATS  
Caractéristiques  
sociodémographiques  
et  
fréquence des parturientes : Durant la période  
d’étude, nous avons colligé 153 césariennes sur 2222  
accouchements, soit une fréquence de 6,9%. Parmi  
Série D, VOL 10, N°002/Août 2024 - 25  
ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI  
Plus de la moitié des parturientes, 47, soit 85,5%  
n’étaient pas informées qu’elles devaient subir une  
césarienne prophylactique (tableau III).  
Indication de la césarienne : La principale  
indication était la dystocie osseuse, regroupant le  
bassin généralement rétréci et le bassin immature  
(43,6%). La macrosomie fœtale associée à une  
comorbidité a été une indication assez fréquente  
(27,3%) (tableau V).  
Tableau III : Antécédents chirurgicaux et raisons de  
réalisation d’une césarienne prophylactique  
Paramètres  
Effectif (n=55) Pourcentage  
Tableau V : répartition des parturientes selon  
l’indication de la césarienne  
Antécédents chirurgicaux  
Aucun  
41  
12  
2
74,5  
21,8  
3,7  
Indications  
Effectif Pourcentage  
Césarienne  
Bassin généralement rétréci  
Bassin immature  
Espace intergénésique court  
Macrosomie fœtale sur utérus cicatriciel  
Macrosomie chez primipare  
Présentation de l'épaule  
13  
11  
9
9
6
23,6  
20  
16,4  
16,4  
10,9  
5,5  
Cure de fistule obstétricale  
Raisons de réalisation  
Pas informée  
47  
5
85,5  
9,1  
Négligence  
3
Manque de moyens  
3
5,4  
Utérus cicatriciel sur fistule obstétricale  
Pré éclampsie sévère  
Présentation de siège sur utérus cicatriciel  
2
1
1
3,6  
1,8  
1,8  
Données cliniques : Les parturientes avaient une  
taille normale dans 63,6% des cas. Plus de la moitié  
d’entre elles avaient une hauteur utérine inférieur à 34  
cm (58,2%). La présentation fœtale était céphalique  
dans 89,1% des cas. L’état du fœtus était satisfaisant  
avec des bruits du cœur fœtal réguliers dans 70,9% et  
le liquide amniotique clair dans 80%. Le bassin était  
normal dans 56,40%. Le bassin chirurgical représente  
23,6%. Plus de la moitié des parturientes étaient  
venues en phase active du travail (tableau IV).  
Données Thérapeutiques : La césarienne était  
réalisée sous rachianesthésie dans pratiquement tous  
les cas (98,2%). L’incision médiane sous-ombilicale  
était réalisée dans 1 cas (1,8%), celle de John Cohen  
dans 6 cas (10,9%). L’incision la plus pratiquée était  
celle de Pfannenstiel, 48 cas (87,3%). La transfusion  
sanguine en per-opératoire n’a été nécessaire que  
dans 1 cas (1,8%).  
Pronostic : Les suites post-opératoires étaient  
Tableau IV : répartition selon les données cliniques  
simples dans 46 cas (83,6%). Nous n’avions  
enregistré aucun décès maternel dans cette série. Les  
complications post-opératoires étaient relevées dans  
9 cas, représentées essentiellement par la suppuration  
pariétale (tableau VI).  
Données cliniques  
Taille  
≤ 160 cm  
> 160 cm  
Hauteur utérine  
28 à 30 cm  
31 à 33 cm  
34 à 36 cm  
> 36 cm  
Effectif Pourcentage  
(n=55)  
20  
35  
36,4  
63,6  
(n=55)  
4
28  
18  
5
7,3  
50,9  
32,7  
9,1  
Tableau VI : répartition des patientes en selon les  
complications post-césarienne  
Présentation  
Céphalique  
Siege  
Transverse  
Bruits du cœur fœtal  
Absents  
< 110 battements/mn  
110 à 160 battements/mn  
> 160 battements/mn  
Etat des membranes  
Intactes  
(n=55)  
49  
4
2
Complications maternelles  
Effectif Pourcentage  
89,1  
7,3  
3,6  
Aucune complication  
Suppuration pariétale  
Endométrite  
46  
6
83,7  
10,9  
3,6  
2
2
12  
39  
3,6  
21,8  
70,9  
3,6  
Anémie  
1
1,8  
2
Score d’APGAR à la naissance : Il était bon pour  
plus de 60% des nouveau-nés. La réanimation était  
nécessaire pour 16 nouveau-nés. Celle-ci a été  
favorable à la 5ème minute pour 3 d’entre eux (18,8%)  
(tableau VII).  
(n=55)  
30  
25  
54,54  
45 ;46  
Rompues  
Délai de rupture des membranes  
(n=25)  
< 12 heures  
12 à 24 heures  
> 24 heures  
Liquide amniotique  
Clair  
Méconial  
Purée de pois  
Bassin  
Normal  
Rétréci  
23  
1
1
(n=55)  
44  
9
92  
4
4
Tableau VII : répartition des nouveau-nés en  
fonction d’APGAR à la 1ère minute et à la 5ème minute  
80  
16,6  
3,4  
APGAR  
A la 1ère minute  
≤ 3  
Effectif  
Pourcentage  
2
3
5,5  
4 à 6  
7 à 10  
A la 5ème minute  
≤ 3  
16  
36  
29,1  
65,4  
31  
13  
11  
56,4  
23,6  
20  
Limite  
3
5,5  
Phase de travail  
< 5 cm de dilatation du col  
≥ 5 cm de dilatation du col  
4 à 6  
7 à 10  
13  
39  
23,6  
70,9  
27  
28  
49,1  
50,9  
Série D, VOL 10, N°002/Août 2024 - 26  
ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI  
Le transfert des nouveau-nés en néonatologie a été  
respectivement 24,3% et 35,3% des cas. Cette différence  
pourrait s’expliquer par le faible niveau d’instruction des  
femmes dans notre pays, ce qui ne leur ouvre pas la voie  
du marché de travail. Du point de vue scolarisation, les  
parturientes non scolarisées prédominaient avec 61,8%  
des cas. Ce taux est inférieur de celui de Tounkara [17]  
au centre de santé référence de Kati qui a rapporté  
75,80% d’analphabètes en 2015. Le faible taux de  
scolarisation dans notre étude s’explique par les  
difficultés de scolarisation des jeunes filles dans  
certaines familles. Notre culture veut que les filles  
restent aux côtés de leurs génitrices pour les aider dans  
les tâches domestiques. Les antécédents chirurgicaux  
étaient dominés par la césarienne (21,8%). Dans notre  
série, les parturientes qui avaient un espace  
intergénésique inférieur à 12 mois représentaient 16,4%.  
Ceci pourrait s’expliquer par la faible utilisation des  
moyens contraceptifs chez les femmes après la  
césarienne. Par rapport aux consultations prénatales, le  
taux de celles qui ont eu au moins 4 contacts était de  
14,5%. Ce taux est plus faible que celui trouvé par les  
autres auteurs variant de 25,4% à 93,7% [8,11,13,14].  
Cette différence pourrait s’expliquer d’une part par le  
faible niveau d’instruction chez les parturientes de notre  
série et d’autre part par le nombre suffisant du personnel  
qualifié assurant une consultation prénatale de qualité.  
La décision de la césarienne prophylactique devrait être  
prise pendant le suivi prénatal. Ce faible taux dans cette  
série pourrait expliquer l’augmentation de taux de  
césarienne d’urgence. Les parturientes étaient admises à  
la maternité en phase active du travail dans 50,9%. Ce  
taux est proche de celui de Soumaïla [14] au Mali en  
2019 qui a trouvé 53,7%. Ceci amène à prendre la  
décision de césarienne de manière urgente pour éviter les  
complications maternelles et fœtales. Concernant la  
poche des eaux, elle était rompue dans 45,5% des cas, le  
même constat a été fait par Tounkara [17] qui a rapporté  
55,56%, de parturientes avec la poche des eaux rompues.  
Du point de vue indications, le bassin généralement  
rétréci était la principale avec 23,6%. Ce taux est  
similaire à celui de Camara [18] au Mali en 2010 qui a  
trouvé 23% de bassin généralement rétréci. Le mauvais  
suivi de grossesse à risque par les agents non qualifiés  
fait que ces femmes qui devraient bénéficier de la  
césarienne prophylactique viennent en travail. L’utérus  
cicatriciel était le motif de césarienne dans 21,8% des  
cas. Ce taux est supérieur à celui de Njim [19] qui a  
obtenu 13,2%. Le taux élevé de césarienne d’urgence en  
cas d’utérus cicatriciel s’explique par le fait que la faible  
utilisation des méthodes contraceptives expose les  
femmes à la survenue d’une grossesse sur un utérus mal  
cicatrisé. Dans notre étude, aucune complication  
peropératoire ou anesthésique n’a été notée. La  
complication post-opératoire la plus retrouvée était la  
suppuration pariétale survenue chez 6 patientes, soit  
10,9%. Tounkara [17] et Camara [18] ont obtenu une  
suppuration pariétale plus élevée que dans notre série,  
respectivement 23,62%, 19,50%. Sur le plan pronostic,  
nous n’avions enregistré aucun décès maternel. Cela  
peut s’expliquer par le fait qu’au CNTF, il n’y a pas un  
service de réanimation. Tous les cas qui nécessitent une  
réanimation intensive étaient évacués systématiquement  
au CHU de la Mère et de l’Enfant pour une meilleure  
décidée dans 15 cas (27,3%). Des complications ont été  
retrouvées chez 18 nouveau-nés dont 13 cas de détresse  
respiratoires, 1 cas d’infection néonatale et 4 décès.  
Séjour à l’hôpital : Les parturientes avec un séjour  
d’hospitalisation entre 4 et 6 jours étaient les plus  
représentées, 47 cas, soit 85,5%. Les 8 autres (14,5%)  
avaient séjourné d’au moins 7 jours.  
Consultation post-natale : Elle était réalisée chez 50  
des 55 césarisées (90,9%). Celles-ci étaient revues dans  
la fourchette des 42 jours du post-partum, les autres étant  
perdue de vue. La contraception a été proposée aux 50  
accouchées, dont 21 (42%) avaient choisi l’une des  
méthodes proposées. Par contre, 29 (58%) avaient refusé  
toutes les méthodes proposées.  
DISCUSSION  
Durant la période d’étude, nous avons obtenu une  
fréquence de 2,5% de césariennes prophylactiques  
exécutées en urgence. Le taux de césariennes était de  
6,9%. Ce taux est inférieur par rapport à celui  
recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé  
(OMS) qui varie de 10 à 15% [7]. Il est également  
inférieur à ceux de Kasongo [9] en 2017 en République  
Démocratique du Congo, Gabkika [11] en 2019 au  
Tchad, Varija [12] en 2018 en Inde et Essiben [13] en  
2020 au Cameroun qui ont rapporté respectivement  
16,9%, 18,8%, 42,8% et 29,6%. Ces césariennes sont  
plus réalisées dans les principaux centres de références  
qui reçoivent les cas venant des centres périphériques.  
Le faible taux retrouvé dans notre série s’explique par le  
fait que les parturientes avaient subi la césarienne dans  
un centre de prise en charge des fistules obstétricales. En  
ce qui concerne l’âge moyen des parturientes, il était de  
24,6 ans avec des extrêmes de 15 ans et 38 ans. La  
tranche d’âge la plus représenté était celle de 20 à 24 ans  
avec 34,5%. Ce résultat est inférieur à celui d’autres  
auteurs [13,14] qui ont obtenu respectivement 27 et 29,2  
ans d’âge moyen. Cette différence s’expliquerait par le  
mariage précoce plus fréquent dans notre pays. Dans  
cette étude, le statut matrimonial était dominé par les  
mariées 98,2%. Ce résultat est similaire à celui de  
Soumaïla [14] au Mali en 2019, Dramé [15] au centre de  
santé de Dioïla en 2012 qui ont trouvé respectivement  
98,1% et 98,7%, de mariées. Ceci pourrait s’expliquer  
par le contexte socioculturel dans ces pays concernant  
l’acceptation de la grossesse hors mariage. Dans de  
nombreux pays comme le nôtre, la grossesse hors  
mariage est considérée comme un déshonneur de la  
famille, le foyer conjugal constituant le seul cadre idéal  
pour la reproduction.  
Quant à la parité, les primipares étaient les plus  
représentées avec 76,4%. Ce taux est supérieur à celui  
des données de certains auteurs qui soulignent une  
prédominance de la césarienne chez les primipares de  
l’ordre de 31 à 42% [8,9,11]. Ceci pourrait s’expliquer  
par le mariage précoce dans notre pays où les  
parturientes ont un bassin immature, source des  
dystocies mécaniques dont la prise en charge nécessite  
le plus souvent une césarienne prophylactique.  
S’agissant du statut socioprofessionnel, il était dominé  
par les parturientes n’exerçant aucune activité  
professionnelle, soit 92,7%. Ce taux est supérieur à ceux  
de Essiben [13] et Andriamiarisoa [16] qui ont trouvé  
Série D, VOL 10, N°002/Août 2024 - 27  
ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI  
prise en charge. Du point de vue mortalité néonatale,  
8. Sanogo N. Etude de la césarienne à la maternité du  
centre de santé de référence de Kadiolo Thèse de  
Doctorat en Médecine. Bamako, Université des  
sciences, des techniques et des technologies;  
2012:91p.  
nous avions enregistré un taux de 22,2%. Ce résultat est  
supérieur à ceux rapportés par, Andrimiarisoa [16] et  
Rancinet [5] en France qui sont respectivement de 7,9%  
et 0,09%. Cette forte mortalité périnatale pourrait  
s’expliquer par les facteurs suivants : le caractère tardif  
des évacuations mais aussi le manque des moyens de  
surveillance fœtale en salle d’accouchement. Ce qui fait  
que le diagnostic d’asphyxie fœtale est le plus souvent  
fait à un stade tardif. En plus des facteurs médicaux et  
obstétricaux, nous avons relevé un faible plateau  
technique en réanimation néonatale. Souvent les gestes  
se résument à une désobstruction et une ventilation. Les  
parturientes avec un séjour d’hospitalisation entre 4-5  
jours étaient les plus représentées, soit 93,4% et la durée  
moyenne d’hospitalisation après césarienne était de 5,1  
jours. Ce résultat est inférieur à ceux de Sanogo [8] et  
Essiben [13] qui notent respectivement 6 et 7 jours.  
CONCLUSION  
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La césarienne prophylactique est une intervention  
chirurgicale qui permet d’améliorer le pronostic  
maternel et périnatal, contrairement à la césarienne faite  
en urgence. Cette étude a montré que le pronostic  
maternel et fœtal des césariennes prophylactiques faites  
en urgence comporte des complications qui auraient pu  
être évitées. Ainsi pour permettre une meilleure issue de  
la grossesse et de l’accouchement, une évaluation  
rigoureuse s’impose lors de la dernière consultation  
prénatale pour dépister les éventuelles césariennes  
prophylactiques et organiser leurs prises en charge.  
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Série D, VOL 10, N°002/Août 2024 - 28